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La France soutient les sanctions régionales contre le Mali alors que la junte appelle à manifester

11 janvier 2022

La France soutient les sanctions régionales contre le Mali alors que la junte appelle à manifester

Les sanctions de la CEDEAO sont intervenues après que le gouvernement intérimaire du Mali a proposé le mois dernier de rester au pouvoir jusqu'à cinq ans avant d'organiser des élections – malgré les exigences internationales qu'il respecte sa promesse de tenir des élections le 27 février.

En plus de fermer les frontières et d'imposer un embargo commercial, le bloc a également accepté de suspendre l'aide financière au Mali et de geler ses avoirs à la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest.

Le colonel Assimi Goita, l'homme fort du pays pauvre du Sahel, a qualifié lundi soir les mesures d'"extrêmes" et a exhorté les Maliens à manifester vendredi contre les sanctions.

Goita a également qualifié les sanctions d'"illégitimes, illégales et inhumaines", tout en ajoutant qu'il reste ouvert au dialogue avec ses voisins ouest-africains.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit discuter mardi de la situation au Mali.

Relations aigries

Les relations du Mali avec ses voisins et partenaires se sont régulièrement détériorées depuis que Goita a mené un coup d'État en août 2020 pour renverser le président Ibrahim Boubacar Keita.

Sous la menace de sanctions à la suite de ce putsch, Goita avait promis d'organiser des élections présidentielles et législatives et de rétablir le régime civil d'ici février 2022.

Mais l'homme fort a organisé un deuxième coup d'État de facto en mai 2021, forçant un gouvernement civil intérimaire et perturbant le calendrier de restauration de la démocratie.

Goita s'est également déclaré président par intérim.

Puis, en décembre, son gouvernement a proposé de rester au pouvoir jusqu'à cinq ans supplémentaires.

Il a fait valoir, entre autres raisons, que l'insécurité généralisée au Mali l'empêche d'organiser des élections sûres selon le calendrier convenu.

La vaste nation de 19 millions d'habitants est en proie à une insurrection djihadiste et des pans de territoire échappent au contrôle du gouvernement.

'Résilience'

Goita a appelé au calme et à la « résilience » face aux sanctions de la CEDEAO et a assuré aux Maliens que le gouvernement prendra des mesures pour contrer leurs effets.

Le Mali, une nation enclavée déjà battue par les conflits, est l'un des pays les plus pauvres du monde.

Malgré la colère internationale envers les dirigeants militaires du Mali, à l'intérieur du pays, la junte a été peu critiquée publiquement par le différend diplomatique.

Des messages pro-gouvernementaux, ainsi que des critiques de la CEDEAO, ont inondé les médias sociaux au Mali ces derniers jours.

La Guinée voisine – un membre de la CEDEAO également sous régime militaire – a annoncé lundi qu'elle ne fermerait pas ses frontières avec le Mali ni ne bloquerait le commerce.

Goita, dans son allocution, a réaffirmé son engagement à restaurer le régime civil.

Mais la sortie de l'impasse reste incertaine, car l'homme fort n'a pas détaillé les détails du rétablissement de la démocratie.

(AFP)

Jean Allard est un journaliste et rédacteur chevronné. Il est également le directeur de publication du journal Chatborgne.com. Passionné par les nouvelles technologies, Jean Allard est à l'avant-garde des innovations en matière de journalisme en ligne.
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