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L'Allemagne condamne un ex-officier syrien à la prison à vie pour crimes contre l'humanité

13 janvier 2022

L'Allemagne condamne un ex-officier syrien à la prison à vie pour crimes contre l'humanité

Des militants syriens se sont rassemblés jeudi devant le tribunal, brandissant des banderoles et des affiches avec des slogans tels que « où sont-ils ? » en référence à leurs proches disparus dans les centres de détention syriens.

Raslan a été jugé en avril 2020 avec un autre accusé de rang inférieur, Eyad al-Gharib, accusé d'avoir aidé à arrêter des manifestants et de les conduire au centre de détention.

Gharib a été condamné à quatre ans et demi de prison l'année dernière pour complicité de crimes contre l'humanité, dans le premier verdict dans le monde pour torture par le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad.

« Attaque systématique »

Le tribunal de la ville de Coblence, dans l'ouest de l'Allemagne, avait alors noté une "attaque généralisée et systématique contre la population civile" depuis le début de la guerre civile en Syrie avec une répression brutale des manifestations en mars 2011.

L'affaire contre les deux hommes a été engagée en utilisant le principe juridique de la compétence universelle, qui permet de poursuivre les infractions même si elles ont été commises dans un autre pays.

D'autres cas de ce type ont également vu le jour en Allemagne, en France et en Suède, alors que les Syriens qui ont cherché refuge en Europe se tournent vers les seuls moyens légaux actuellement à leur disposition.

Dans une autre affaire importante en Allemagne, le procès d'un ancien médecin syrien accusé de crimes contre l'humanité doit s'ouvrir la semaine prochaine.

Le procureur en chef du procès Raslan, qui a souligné la responsabilité historique de l'Allemagne de juger de tels crimes, a cité un survivant de l'Holocauste dans son discours de clôture.

Raslan a travaillé pendant 18 ans dans les services secrets syriens, où il a gravi les échelons pour devenir chef du service "enquête" du renseignement intérieur, selon un enquêteur allemand qui a témoigné à l'ouverture du procès.

Les procureurs disent qu'il a supervisé des viols et des abus sexuels, des "chocs électriques", des coups avec "les poings, des fils et des fouets" et "la privation de sommeil" à la prison.

flagellation, décharges électriques

Des témoins ont signalé des coups de fouet, des décharges électriques, des brûlures de cigarettes et des coups sur les parties génitales. Certains disent qu'ils ont été suspendus par les poignets, avec seulement le bout de leurs pieds touchant encore le sol.

Un homme a témoigné au sujet des charniers qu'il était responsable du catalogage.

Certains témoins ont caché leur visage ou sont apparus déguisés, craignant des conséquences pour leurs proches survivants en Syrie, tandis que d'autres ont eu trop peur de se manifester.

"J'espère que nous avons pu donner la parole à ceux qui en sont privés" en Syrie, a déclaré à l'AFP Wassim Mukdad, un ancien détenu qui a témoigné au procès, avant le verdict.

"Je veux que justice soit faite", a-t-il déclaré.

Des images de Syriens morts sortis clandestinement du pays par « César », un transfuge qui avait travaillé comme photographe pour la police militaire syrienne, ont également été utilisées comme preuves dans le procès.

Raslan est resté silencieux tout au long du procès, mais a déclaré dans une déclaration par l'intermédiaire de ses avocats qu'il n'avait "ni battu ni torturé" les prisonniers et n'avait "jamais agi de manière inhumaine".

Ils ont déclaré qu'il "ne tolérait pas et ne tolérerait pas" les abus commis par le régime syrien et qu'il ressentait "des regrets et de la compassion" pour toutes les victimes.

Raslan n'a jamais tenté de cacher son passé et a raconté à la police son séjour en Syrie en février 2015 lorsqu'il a demandé la protection de la police à Berlin.

Selon le groupe de surveillance de l'Observatoire syrien des droits de l'homme basé au Royaume-Uni, au moins 60 000 personnes ont été tuées sous la torture ou à cause des conditions terribles dans les centres de détention d'Assad.

"Ce procès est très important pour les Syriens car il examine des crimes très graves qui continuent d'être commis aujourd'hui", a déclaré l'avocate syrienne Joumana Seif.

(AFP)

Jean Allard est un journaliste et rédacteur chevronné. Il est également le directeur de publication du journal Chatborgne.com. Passionné par les nouvelles technologies, Jean Allard est à l'avant-garde des innovations en matière de journalisme en ligne.
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