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Paris et Berlin "sont d'accord" sur la pression française pour étiqueter l'énergie nucléaire verte

7 janvier 2022

Paris et Berlin "sont d'accord" sur la pression française pour étiqueter l'énergie nucléaire verte

La Commission européenne a publié un projet de proposition visant à étiqueter l'énergie nucléaire, ainsi que le gaz naturel, comme des sources « vertes » éligibles à l'investissement dans le cadre de règles visant à promouvoir un avenir neutre en carbone.

La France a mené la charge du nucléaire - sa principale source d'énergie - à figurer sur la liste, tandis que l'Allemagne, qui est en train de fermer toutes ses centrales nucléaires, reste farouchement opposée à cette décision.

"Nous savons quelle est la position française sur le nucléaire et la partie française sait très bien quelle est la position allemande", a déclaré Luehrmann à l'AFP dans une interview.

"Nous pouvons donc dire que nous sommes d'accord pour être en désaccord sur la question, puis nous tourner vers les questions sur lesquelles nous voulons avancer... de la protection du climat aux investissements durables, en passant par la question de la souveraineté stratégique européenne."

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La liste des énergies vertes, connue sous le nom de "taxonomie" de l'UE, devait arriver avant la fin de 2021, mais de profondes divisions entre les États membres l'ont retardée.

La Commission européenne a discrètement distribué un projet de texte de ses plans le soir du Nouvel An et a déclaré qu'elle avait commencé à consulter les États membres sur la proposition.

Si une majorité d'États membres le soutiennent, il deviendra une loi de l'UE, entrant en vigueur à partir de 2023.

La France, qui tire environ 70 % de son électricité du nucléaire, a signé en octobre une déclaration de soutien à l'énergie nucléaire avec neuf autres États de l'UE, dont la Pologne et la République tchèque.

"Pas la majorité"

Mais la ministre allemande de l'Environnement, Steffi Lemke, a déclaré qu'il serait "absolument faux" d'inclure l'énergie nucléaire sur la liste, arguant que l'énergie atomique "peut conduire à des catastrophes environnementales dévastatrices".

L'Allemagne a fermé trois de ses six centrales nucléaires restantes à la fin de l'année dernière et fermera les autres d'ici la fin de 2022, conformément au calendrier d'Angela Merkel pour l'élimination progressive de l'énergie atomique.

"Nous avons clairement fait savoir à l'ensemble du gouvernement fédéral que nous sommes contre l'inclusion du nucléaire en tant que produit financier durable", a déclaré Luehrmann.

"Nous devons aller dans une autre direction pour des raisons climatiques, mais aussi pour des raisons d'indépendance politique, et je vois cela comme un argument contre le gaz et l'énergie nucléaire. Parce que l'uranium doit venir de quelque part", a-t-elle déclaré.

Cependant, Luehrmann a concédé que "nous savons aussi que nous ne sommes pas la majorité en Europe" sur la question.

(AFP)

Jean Allard est un journaliste et rédacteur chevronné. Il est également le directeur de publication du journal Chatborgne.com. Passionné par les nouvelles technologies, Jean Allard est à l'avant-garde des innovations en matière de journalisme en ligne.
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