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La France prend la présidence de l'UE à l'approche des élections nationales

4 janvier 2022

La France prend la présidence de l'UE à l'approche des élections nationales

Evoquant la présidence française, il a juré que "vous pouvez compter sur mon engagement total pour que cette période, qui revient tous les 13 ans environ, soit pour vous une période de progrès".

Le centriste, qui a fait de ses opinions europhiles un élément clé de sa campagne politique lorsqu'il a remporté la présidence en 2017, espère qu'il le servira à nouveau lors des élections prévues les 10 et 24 avril.

« La présidence de l'UE lui offre une plate-forme bienvenue pour mettre son record européen au premier plan et se différencier de ses rivaux et apporter de nouvelles propositions, de nouvelles idées sur la table », a déclaré Claire Demesmay, experte au sein du groupe de réflexion Marc-Bloch à Berlin.

Se pavaner sur la scène internationale est également depuis longtemps un geste populaire pour tout président français.

"Les Français n'aiment rien de plus que l'image ou l'impression que la France est 'aux commandes'", a déclaré Pierre Sellal, ancien diplomate français à la mission française auprès de l'Union européenne.

Pour marquer le début de la présidence de six mois, la France a illuminé des bâtiments historiques à travers le pays, notamment la Tour Eiffel et l'Arc de Triomphe dans le bleu du drapeau de l'UE le soir du Nouvel An.

D'autres observateurs ont noté que le logo français de la présidence comprend les lettres U et E pour "Union européenne" avec une flèche grise au milieu qui semble créer une autre lettre - un M latéral pour Macron.

Soutien allemand ?

Chaque pays européen a la possibilité d'exercer la présidence tournante du Conseil, ce qui donne à l'État membre la possibilité de définir l'ordre du jour officiel des autres dirigeants du bloc - dans certaines limites - et d'organiser des réunions des ministres.

Mais si la première présidence française depuis 2008 offre des opportunités à Macron, elle est aussi perçue par les observateurs comme porteuse de risques.

Son agenda pour rendre l'Europe « puissante » -- en matière de défense, de technologie ou de sa propre sécurité aux frontières -- risque d'être éclipsé à court terme par l'accélération de la crise sanitaire du Covid-19.

Sébastien Maillard, directeur de l'Institut Jacques Delors, un groupe de réflexion pro-UE basé à Paris, a déclaré que Macron subirait également des pressions pour livrer après avoir augmenté les attentes.

"Il ne peut pas accéder au premier tour (de l'élection présidentielle) le 10 avril sans avoir obtenu des résultats de la présidence européenne", a déclaré Maillard. "C'est le défi pour lui, mais cela peut aussi être une réelle opportunité."

Les dirigeants européens doivent se réunir à Paris les 10 et 11 mars, ce qui pourrait être l'occasion pour eux de se mettre d'accord sur une réforme majeure des règles budgétaires du bloc.

Beaucoup dépendra du nouveau chancelier allemand Olaf Scholz, dont le gouvernement de coalition est considéré comme sceptique quant aux réformes budgétaires, mais favorable au programme de Macron.

La présidence française est "une opportunité importante que nous voulons saisir ensemble pour renforcer l'Europe et la préparer à relever les défis de demain", a déclaré vendredi à l'AFP la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock.

D'autres dirigeants européens tels que le Premier ministre hongrois de droite Viktor Orban, que Macron a qualifié d'"opposant politique" en décembre, pourraient ne pas être d'humeur à renforcer les chances de réélection du dirigeant français.

Préoccupations domestiques

En tant que chef symbolique du Conseil européen, Macron devra marcher sur la ligne fine alors qu'il lance également sa campagne pour sa réélection, qui devrait être officiellement annoncée en février au plus tard.

Sellal, l'ancien diplomate français, a déclaré que les partenaires de la France verraient d'un mauvais œil les "tentatives d'instrumentalisation de la présidence pour des raisons électorales".

Sur le plan national, les opposants ont déjà accusé Macron de campagne électorale et ont déclaré qu'il aurait dû retarder le tour de la France à la tête jusqu'après les élections.

"C'est une erreur. Il le fait pour ses propres intérêts, pas ceux de la France", a déclaré le mois dernier sa rivale de droite Valérie Pécresse du parti Les Républicains.

Les opposants eurosceptiques tels que les figures d'extrême droite Marine Le Pen et Eric Zemmour ne perdront pas non plus l'occasion de dépeindre l'ensemble de l'exercice comme dénué de sens.

"Cela fait quatre ans et demi qu'il est au pouvoir et il n'a rien obtenu ni rien fait dans le domaine européen, à part parvenir à une sorte de soumission à l'Allemagne au nom du couple franco-allemand", Le Pen a déclaré à la radio RMC à la mi-décembre.

(AFP)

Jean Allard est un journaliste et rédacteur chevronné. Il est également le directeur de publication du journal Chatborgne.com. Passionné par les nouvelles technologies, Jean Allard est à l'avant-garde des innovations en matière de journalisme en ligne.
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