Stations-service, restaurants, supermarchés… Quatre questions sur les pénuries qui touchent le Royaume-Uni

Le pays fait face depuis plusieurs semaines à des difficultés d’approvisionnement dans plusieurs secteurs, en raison des effets combinés de la pandémie de Covid-19 et du Brexit.

L’armée en renfort. Le gouvernement britannique a annoncé, mercredi 29 septembre, que 150 militaires étaient formés pour répondre au manque de main-d’œuvre qui affecte le pays et entraîne des pénuries dans plusieurs secteurs. « Dans les prochains jours, les gens verront des soldats conduire la flotte de camions-citernes », a garanti le ministre des Entreprises, Kwasi Kwarteng, alors que les files d’attente se multiplient devant des stations-service à sec. Quels produits sont affectés par ces pénuries ? Et comment expliquer ce phénomène qui persiste depuis plusieurs semaines ? Franceinfo décrypte la situation au Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni fait face à une importante pénurie de main-d’œuvre depuis plusieurs mois. Selon une étude de la société Adzuna relayée début août par Le Figaro, le nombre d’offres d’emplois en ligne a bondi de 40% dans cinq des douze régions du pays, par rapport à 2019. Un déficit d’employés qui touche de nombreux secteurs, notamment le transport de marchandises.

Résultat, plusieurs entreprises ont rencontré des difficultés à s’approvisionner depuis l’été, rapporte la chaîne Sky News*. La chaîne de fast-foods KFC a dû retirer certains plats de son menu, quand McDonald’s s’est trouvé privé de milkshakes et de certaines boissons. En manque de poulet, la chaîne Nando’s a pour sa part été contrainte de fermer temporairement une cinquantaine de ses restaurants. Du côté des supermarchés, plusieurs groupes ont vu leurs rayons se vider faute de livraisons, notamment de volaille, de boissons et de produits laitiers. Et plusieurs pubs ont même manqué de bière. Fin septembre, la pénurie a également gagné les stations-service. Le groupe BP a annoncé dimanche 25 septembre qu’un tiers de ses stations étaient à court de carburant, selon Le Figaro. Du côté de l’association de distributeurs de carburant PRA, qui représente 5 550 stations indépendantes, deux tiers étaient à sec à la même date et « les autres, presque », ajoute le quotidien.

Craignant de ne pas pouvoir assurer leurs missions à cause de cette pénurie, les travailleurs essentiels ont appelé mardi le gouvernement à « prioriser l’accès aux stations-service ». « Les ambulanciers, infirmiers, soignants, enseignants, policiers et autres travailleurs essentiels ne doivent pas se retrouver coincés ou contraint de faire la queue durant des heures pour faire le plein », a alerté le syndicat Union Unison sur Sky News*. Des médecins s’inquiétent également des conséquences pour leurs patients s’ils doivent passer une partie de leurs journées dans les files d’attente, alors que certaines écoles s’interrogent sur la possibilité de revenir à l’enseignement à distance si la pénurie persiste, rapporte France 24.

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