« Là, on savait qu’il y avait un truc grave » : il y a six mois, le réveil dans une France confinée

Le 17 mars 2020, au lendemain de l’allocution du président Emmanuel Macron, des mesures de confinement de la population française visant à lutter contre la propagation du Covid-19 dans le pays entraient en vigueur. De la « surprise » à « l’angoisse”, quelques confinés se remémorent, six mois après, ce moment inédit. Témoignages.

« Dès demain midi, et pour quinze jours au moins, nos déplacements seront très fortement réduits » : le 16 mars 2020, Emmanuel Macron s’exprimait pour annoncer le confinement de la population française à compter du lendemain, le 17 mars. Le moment est grave pour l’exécutif : il s’agit alors d’enrayer la propagation du Covid-19 afin de ne pas arriver à saturation dans les hôpitaux français.

Pour cela, des mesures visent à réduire au maximum les interactions sociales des Françaises et Français. « Le mot d’ordre est clair : restez chez vous ! », déclare d’ailleurs le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, après l’allocution d’Emmanuel Macron. Il y a six mois, chacun vivait ce moment particulier à sa manière, sans savoir que ces « quinze jours au moins », s’étendraient sur près de huit semaines (55 jours au total) pour se terminer le 11 mai 2020.

« Mon mari et moi sommes allés en ville pour faire nos courses ce jour-là [le 17 mars] », explique Evelyne, 63 ans, qui vit dans un village dans l’Eure, à proximité d’une ville d’environ 9 000 habitants. « Le premier ressenti quand on est arrivés, ça a été le vide. Pas de voitures, personne sur les trottoirs… On a senti qu’il s’était passé quelque chose et que tout le monde restait chez soi. Habitant à la campagne, nous sommes, très vite, rentrés chez nous. Une autre vie commençait. »

L’interdiction de se déplacer, sauf cas exceptionnels, entre peu à peu en vigueur le 17 mars à midi, avec « une tolérance » de la part des services de police et de gendarmerie. « Notre seul contrôle d’attestation, ça a été ce jour-là », explique Evelyne. « On sentait que la police municipale n’était pas bien au courant, c’était tout nouveau aussi pour eux. Nous ne voulions pas qu’ils prennent en main notre document. De plus, ils ne respectaient pas le geste barrière d’un mètre minimum. » D’autres personnes ont été prises de court par l’enchaînement des événements qui ont conduit à ce confinement. « Quand ils l’ont annoncé, au début, je n’ai pas vraiment compris ce qu’il se passait », reconnaît Pierre, 34 ans, qui vivait alors à Cannes (Alpes-Maritimes). Cet amateur de cyclisme « ne savait pas alors si on pouvait sortir ou pas ». Et il ajoute : « J’étais chez moi, je me préparais à ne pas me montrer pendant une semaine, mais je ne m’attendais pas du tout à ce que cela prenne ces proportions [près de deux mois de confinement, NDLR]. »

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